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Géographie du Parc national de Taï

Avec une superficie de 5364 km2, le Parc national de Taï est situé au sud-ouest de la Côte d’Ivoire, entre les fleuves Cavally et Sassandra, dans un quadrilatère formé par les villes de Guiglo, Buyo, San Pédro et Tabou.

 

 

 

Répartition de la superficie du Parc national de Taï dans les départements

Région administrative Département Sous-préfecture Surface km² Surface dans la sous-préfecture
Moyen-Cavally Guiglo Taï 4 420 2 564 km² 58%
Bas-Sassandra Soubré Buyo 2 525 550 km² 22%
Méagui 2 400 575 km² 24%
San Pédro San Pédro 4 545 650 km² 14%
Grand-Béréby 2 365 125 km² 5%
Tabou Grabo 4 290 900 km² 21%
Espace total du Parc National de Taï  20 545 5 364 km² 26%

 

De la répartition de la superficie du Parc national de Taï dans les différents départements occupés partiellement, il ressort que la plus grande superficie du parc se retrouve dans le département de Guiglo, notamment dans la sous-préfecture de Taï.

Relief

Au nord du massif

Le relief de l’interfluve entre Sassandra et Cavally est constitué d’un ensemble de bas-plateaux « où prédominent les surfaces granitiques aplanies, gravillonnaires, souvent même arénacées, indiquant des retouches dans le système des glacis (Avenard 1971) ». Ces plateaux à modelé peu accentué s’élèvent de 200 à 245 mètres, l’altitude s’abaissant à 150-180 mètres dans la dépression du Nzo et du Sassandra. Un affleurement rocheux culmine à environ 245 m d’altitude à la limite entre Parc national de Taï et Réserve du Nzo.

Au sud du massif

Le relief de l’interfluve entre Cavally et petits bassins côtiers est constitué d’un ensemble « mamelonné, assez uniforme mais confus et sillonné de nombreux cours d’eau très ramifiés (Avenard 1971) ». Les plateaux mal élaborés, à modelé très accidenté, s’élèvent entre 150 et 200 mètres. La dépression de la Hana, dans une passée schisteuse au centre, et celles du Palabod et du San Pédro, au sud-est, s’abaissent à 100-125 mètres. L’inselberg du mont Niénokoué émerge au sud-ouest du massif de Taï vers le confluent de la Hana et de la Méno, culminant à 396 mètres. Une lanière de collines d’orientation ouest-sud-ouest/est-nord-est le relaie plus au sud. Elle sépare la plaine du Cavally des petits bassins côtiers, avec les monts Klon et Gas qui dépassent aussi 360 m d’altitude. Cette chaîne se prolonge à travers la forêt de la Haute Dodo jusqu’au mont Kopé, aux environs de Grabo.

Populations riveraines

Lors du classement de 1972, le cœur du Parc national de Taï était « vide » d’installations humaines permanentes. Les populations autochtones riveraines  étaient les communautés suivantes, qui appartiennent toutes au grand groupe Krou :

  • A l’est et au sud-est, les Bakwé, installés à proximité du Sassandra et du San Pédro ;
  • Au sud-ouest, les Krou – ou Kroumen ;
  • A l’ouest, les Oubi, descendants des Bakwé de l’est – le sentier est-ouest à travers le parc date de leur migration à partir de Soubré ;
  • Au nord-ouest, les Wè – communément appelés Guéré ;
  • Au nord-est, les Bété, anciennement installés le long du fleuve Sassandra, et auxquels sont venus s’ajouter les Kouzié, d’un sous-groupe qui leur est apparenté et qui se trouvait autrefois à la pointe du confluent du Sassandra et du Nzo – ils ont été déguerpi par le barrage de Buyo.

Patrimoine culturel

L’absence initiale d’implantations humaines permanentes sur la quasi-totalité du massif a évité que des sites sacrés y soient inclus, hormis le Mont Niénokoué. Ce site est la montagne fétiche du peuple krou. Les notables du village de Guiroutou en ont la garde, le village se trouvant autrefois installé à proximité au confluent de la Moumo et de la Hana. Des sacrifices propitiatoires ont été demandés avant l’ouverture du site au tourisme. Hydrographie

Le Parc National de Taï est drainé par de nombreux cours d’eau permanents qui se partagent entre deux grands bassins versants et deux bassins de petits fleuves côtiers :

Bassin du Sassandra

Le nord du massif – soit les 2/3 de la Réserve du Nzo – est drainé vers le nord-nord-est par des affluents du Sassandra ou du Nzo, lui-même affluent du premier. Le barrage hydroélectrique de Buyo a été construit en 1981 à la limite du massif, à 4 kilomètres en aval du confluent du Nzo et du Sassandra, noyant environ 8.400 hectares de forêt.

A la hauteur de ce barrage, le bassin versant du Sassandra est d’environ 46.000 km², dont 18% pour le Nzo – soit 8.500 km² – et 82% pour le Sassandra – soit 37.500 km². Ne représentant que 0,7% de tout le bassin du Sassandra – y compris les surfaces ennoyées –, la partie de massif appartenant au bassin du Nzo occupe environ 4% de la surface de ce dernier.

Bassin du Cavally

Pour 80% de sa surface, le « massif protégé de Taï » est drainé par des cours d’eau tributaires du fleuve Cavally, coulant du Nord au Sud à l’ouest du massif. Le principal de ces cours d’eau est la rivière Hana, avec ses affluents Méno et Moumo, ce système occupant en diagonale toute la partie centrale du massif, du nord-est au sud-ouest. Dans les parties nord-ouest et ouest, coulent la Nsé et l’Audrénisrou. Toutes ces rivières – à l’exception de la Moumo – ont une orientation générale nord-est/sud-ouest.

Occupant environ 15% de l’ensemble du bassin du Cavally, le massif couvre plus des trois-quarts du bassin de la Hana – 3.310 km² sur 4.300, soit 77% –, seul le nord-est de la tête de bassin étant situé en dehors du massif.

Bassins des petits fleuves côtiers, San Pedro et Néro

Au Sud-Est, 10,5% du massif appartiennent aux bassins versants de deux fleuves côtiers :

  • le San Pedro avec son affluent le Palabod, sur environ 556 km², soit 17% de son bassin, et
  • la Néro, sur seulement 6 km² à la pointe sud du massif.

Régimes hydrologiques

L’ensemble du massif est soumis au régime équatorial de transition, avec deux périodes de hautes eaux prédominantes, en juin-juillet et octobre-novembre. Un affaiblissement des débits est net en août-septembre, et les étiages sont plus ou moins sévères en février-mars.
Au nord du massif, le niveau des eaux du lac du barrage de Buyo subit aussi l’influence du régime tropical de transition, dans le bassin amont du Sassandra – hautes eaux en août, septembre, octobre ; étiages de janvier à mai – et celle du régime de montagne, dans le bassin du Nzo – moyennes et hautes eaux d’avril à octobre, avec maximum en septembre. Ce niveau des eaux est par ailleurs soumis au rythme de fonctionnement de la centrale hydroélectrique.

Zones marécageuses

Du nord vers le sud du massif, les vallonnements sont de plus en plus marqués et les bas-fonds étroits. Là où les pentes des talwegs sont relativement faibles, avec l’abondance sur le sol de matière organique vivante ou morte freinant le ruissellement, les zones marécageuses sont fréquentes.

Climat

Il est de type subéquatorial, chaud et humide toute l’année – climat attiéen –, et se caractérise par une pluviométrie moyenne annuelle supérieure à 1.600 mm sur tout le massif. Selon les données de l’antenne hydrologique de l’ORSTOM, le maximum régional de précipitations est observé vers Tabou et Grabo, avec une moyenne de 2.300 mm/an.

 

 

Depuis le sud-ouest de l’Espace Taï, un double gradient décroissant est observé :

  • Vers le Nord, les précipitations diminuant progressivement à 1.950 mm/an à Taï et 1.700 mm/an à Guiglo ;
  • Vers l’Est, les précipitations tombant à 1.600 mm/an à Buyo et moins de 1.500 mm/an à Soubré.

Ces précipitations sont réparties en quatre saisons :

  • grande saison des pluies : mars - avril à juillet
  • petite saison sèche : août – cette petite saison est très peu marquée vers Grabo
  • petite saison des pluies : septembre - octobre
  • grande saison sèche : novembre à février - mars

Courbe de l’évolution de la pluviométrie de la Région du sud-ouest (PNT, 2001) (moyenne des données de 1919 à 1998).

Les analyses réalisées sur les séries de pluviosité récentes traduisent une tendance à la baisse. La question est de savoir si cette tendance correspond simplement à une phase décroissante des cycles climatiques à période de 30-35 ans, qui serait suivie d’une reprise de la pluviosité, ou si l’axe des courbes traduisant ces cycles tend lui-même à la baisse. L’interprétation des phénomènes climatiques actuels doit se faire avec prudence, les perturbations observées dépassant les simples variations de pluviosité.

Compris dans les années cinquante entre 100 mm au sud-ouest du massif et 300 mm au Nord-Est, le déficit hydrique cumulé moyen aurait augmenté de 50 à 100 mm sur les 35 dernières années, soit une hausse relativement modérée par rapport à celle observée dans d’autres régions de Basse Côte d’Ivoire.

Les vents dominants sont du Sud-Sud-Ouest. L’harmattan se fait sentir de façon irrégulière, mais parfois durant une à deux semaines. La température moyenne annuelle est de 25°C, avec une amplitude très faible. L’humidité relative, moyennes mensuelles, est comprise entre 85 et 80% du sud-ouest au nord-est.